Le travail

  • repousser-singe-2Apprentissage d’une forme de taichi chuan : l’apprentissage du taichi chuan passe par la mémorisation d’une forme, c’est-à-dire un enchaînement codifié de mouvements. Nous travaillerons une forme de style Yang (la petite forme de Pékin ou la forme longue traditionnelle de 108 mouvements). Faire une forme est agréable et joli à regarder, mais une fois qu’on l’a apprise et répétée un certain nombre de fois, on se rend compte qu’il ne s’agit que d’imitation des mouvements et que la forme est comme une coquille vide : il faut désormais la remplir ! 

 

  • parer-2Travail de posture : celui-ci est une porte privilégiée pour découvrir le corps interne. Celui-ci peut sembler un peu ingrat au début car, comme la position du corps n’est pas correcte et comme le corps n’est pas encore formé, cela fait apparaître des tensions. Celles-ci ne doivent pas être vues comme des ennemies mais au contraire comme les signes d’erreurs et donc comme des guides vers une pratique plus correcte. Alors on commence à lâcher, le corps se libère, s’enracine et les lignes commencent à se former dans le corps. Le travail de posture est donc exigeant mais heureusement ces efforts s’en trouvent grandement récompensés ! En effet, d’une part, si la pratique est correcte, le travail de posture devient très agréable. D’autre part, on commence à découvrir le corps interne, ce qui révolutionne les sensations et la façon de bouger le corps. Par exemple, lorsqu’on revient vers la forme de taichi chuan, celle-ci commence à se remplir et on peut alors commencer à parler véritablement de pratique du taichi chuan, pas seulement d’imitation des mouvements.

 

  • qi-gong-_-posture-de-l-arbreTravail de qi gong (prononcer « tchi kong ») : on travaille la posture de l’arbre, des mouvements simples des bras en position statique qui visent à libérer le corps ainsi qu’une marche simple, dans chaque cas de la façon spécifique à l’interne. Le travail statique développe l’enracinement, demande de libérer le corps et la respiration. Quant au mouvement des bras, il a pour but de trouver la façon de bouger ceux-ci par le relâchement. 

 

 

  • fille-de-jade-2-2Travail de la marche du taichi chuan : il est également important de travailler la marche du taichi chuan pour trouver l’unité du corps. Cela veut dire que les différentes parties du corps ne doivent pas bouger de manière séparée, c’est le corps entier qui doit bouger de manière unie. De cette unité du corps découle la force : ce n’est pas le bras qui pousse ou qui frappe, mais le corps entier. Pour aborder la marche, celle-ci peut dans un premier temps être effectuée sans mouvement des bras pour ne pas multiplier les difficultés. Mais ensuite, on ajoute les bras en intégrant à la marche un des mouvements de la forme et en répétant celui-ci en ligne droite, alternativement à gauche et à droite, pour que le travail soit symétrique.
  • Travail à deux dans le taichi chuan: une pratique régulière amène vite des sensations agréables mais attention, ces sensations sont amenées à évoluer énormément au cours des années et ce serait une erreur de s’y attacher et encore plus de s’en satisfaire. Pour éviter justement de verser dans l’autosatisfaction, il est important de travailler à deux et de se tester, cela rend vite humble en mettant en évidence les crispations. Encore une fois, celles-ci doivent être accueillies avec bienveillance : ce sont simplement des indications dont il faut tenir compte pour améliorer son travail. Se tester peut se faire de diverses façons. Par exemple, un partenaire peut venir tester (doucement) la solidité d’une posture particulière. Le travail est correct si cette posture tient sans qu’on sente de crispation ou de douleur, dans les épaules notamment. Il est aussi très intéressant de pratiquer le tui shou, c’est-à-dire la « poussée des mains » : il s’agit de toucher l’équilibre de son partenaire mais sans force brute, en suivant les principes du tai chi chuan. Le tui shou améliore l’équilibre, apprend petit à petit à avoir conscience globalement de son corps et de celui de son partenaire, malgré la pression de ce dernier qui rend bien sûr le relâchement plus difficile !